Danger de l’aliénation parentale= « maladie de l’enfant marionnette »

Danger de l’aliénation parentale= « maladie de l’enfant marionnette »

Par Maître Samira MEZIANI
Danger de l’aliénation parentale=  « maladie de l’ enfant marionnette »

Le syndrome de l’aliénation parentale existe.

Nier son existence, c’est nier le droit des enfants d’avoir le droit de maintenir des liens avec ses deux parents. Le juge aux affaires familiales doit veiller à ce que les relations des enfants soient maintenues avec chacun des parents et à éviter le «syndrome d’aliénation parentale». (SAP)

Le SAP :  influence négative de l’un des parents sur des enfants influençables pour les empêcher d’avoir tout contact avec l’autre. Cette «dictature affective qui pèse sur les enfants» doit être évitée (TGI Toulon, JAF, 4 juin 2007 : Gaz. Pal. 18/20 nov. 2007, p. 11, note J. Pannier.)

En d’autres termes,  l’aliénation parentale  est un « lavage de cerveau »

Dans la majorité des cas  ( à 85% selon les derniers chiffres : source LeFigaro 5 juin 2011) l’enfant vit auprès de sa mère.

Qui souffre des conséquences de l’aliénation parentale : l’enfant et le parent diabolisé, bien souvent le père donc.

Nier l’existence même du SAP c’est régresser.

Nier l’existence même du SAP c’est nier le mal être de l’enfant.

Nier l’existence même du SAP c’est nier et mépriser les droits de l’enfant.

Nier l’existence même du SAP c’est nier et mépriser le droit des pères.

Selon un article paru dans le FIGARO le 5 juin 2011, il est rapporté :

« Pour Me Catherine Perelmutter, (…) le SAP est une théorie dangereuse. «L’instrumentalisation existe bien entendu, mais dans une minorité de cas, souligne-t-elle. Or les théoriciens de ce syndrome – qui est présenté comme un phénomène prouvé, alors qu’il ne fait pas partie de la classification internationale des maladies mentales – le brandissent systématiquement, faussant totalement l’appréciation des différents cas de conflit.»

… on aurait trouvé là une «terminologie séduisante et commode» pour «expliquer simplement des problèmes complexes aux juges saturés par les conflits intrafamiliaux». Une solution pragmatique «clé en main», mais aussi une arme idéologique qui viserait à «discréditer la mère et réhabiliter le père» pour obtenir, par exemple, la garde exclusive ou alternée. L’avocat met en garde : «Après les «fausses allégations», on a trouvé le «syndrome d’aliénation parentale», dit-elle. Les modes se succèdent, mais la victime reste : l’enfant. Avec une nouvelle fois le mépris de sa parole. Ce qui conduit inévitablement à de nombreux dénis de justice.» »

 

Il ressort de ces propos que le rejet de cette théorie  apparaît comme un contre-feu à la reconnaissance de plus en plus affirmée aux droits des pères et donc de l’égalité parentale.

Me Perelmutter  reconnaît le principe de l’instrumentalisation mais occulte les conséquences que cela produit chez l’enfant et le parent diabolisé…d’où une analyse faussée selon laquelle l’instrumentalisation « existe bien entendu, mais dans une minorité de cas »…

Rappelons qu’un cabinet d’avocat n’est pas un cabinet de psychologue ou pédopsychiatre même si une relation de confiance et de confidence existe entre le parent et l’avocat qu’il vient consulter…

Un avocat n’est pas à même de quantifier les cas d’instrumentalisation.

Avancer sans fondement aucun que l ‘instrumentalisation existe dans une minorité de cas, c’est remettre en cause l’usage et l’utilité de l’article 388-1 du code civil qui  permet au juge des affaires familiales d’auditionner les enfants afin de s’assurer de leur consentement.

L’article 388-1 est un outil juridique et psychologique important car il restaure l’enfant dans son droit ; être auditionné est un droit.

Cet outil est utilisé justement pour s’assurer de la sincérité du consentement de l’enfant. Malheureusement, au stade de l’audition l’enfant peut déjà avoir « subi le lavage de cerveau »

Si cet outil a été créé c’est bien qu’il existe un risque avéré d’aliénation parentale. Point !

Selon Me Perlemutter « ..on aurait trouvé là une «terminologie séduisante et commode» pour «expliquer simplement des problèmes complexes aux juges saturés par les conflits intrafamiliaux».

Donc selon cette analyse il existerait un lien de causalitéentre l’engorgement des tribunaux et la terminologie de SAP. ( !!)

Petit rappel, la théorie du SAP est apparue dans les années 80…alors que les magistrats n’étaient pas « saturés » et engorgés par les conflits intrafamiliaux.

Identifier, mettre des mots sur une manipulation,  c’est reconnaître son existence ; est-ce un mal ?

Non évidemment, cela permet au contraire de  prévenir cette manipulation, de la saisir et la solutionner avant d’arriver à un stade avancé voir irréversible.

Le pro-maternage ne doit pas  occulter le mal être existant de l’enfant qui est pris en otage dans le conflit parental, qui est considéré comme un outil de chantage entre les parents.

Elle indique également que le SAP est « une arme idéologique qui viserait à «discréditer la mère et réhabiliter le père» pour obtenir, par exemple, la garde exclusive ou alternée.

C’est méconnaître la signification de SAP.

SAP ne signifie pas : Syndrome de l’Aliénation Paternelle !

Il ne s’agit pas de discréditer la mère mais de reconnaître une souffrance de l’enfant.

La mère est en première ligne tout simplement car dans 85% des cas l’enfant réside chez la mère.  Cela étant les mères aussi souffrent de l’aliénation parentale.

« Réhabiliter le père » : c’est le coeur du problème en fin de compte.

Comme indiqué supra, le juge doit s’assurer que l’enfant maintienne des liens avec ses deux parents. La société change, la société évolue et les pères ne veulent plus se contenter d’être de simples géniteurs. Ils veulent être des pères à temps plein…et cela gêne les pro-maternels.

Les pères veulent une place dans la vie de leur enfant et non uniquement verser une pension alimentaire.

Obtenir la garde de leur enfant était pour la mère un droit naturel ; désormais cela est devenu un combat au maintien face à la résistance du père.

Enfin, Me Perelmutter indique : « Les modes se succèdent, mais la victime reste : l’enfant. Avec une nouvelle fois le mépris de sa parole. Ce qui conduit inévitablement à de nombreux dénis de justice.» 

 

Comment peut-on d’une part nier l’existence du SAP et d’autre part reconnaître que l’enfant est victime ?

L’enfant est victime car il est instrumentalisé. Point !

Comment peut ont nier l’existence du SAP et soutenir que la parole de l’enfant est méprisée ?

L’enfant souffrant du SAP n’a malheureusement plus de libre arbitre. Point !

Et c’est ce qui faut éviter pour que sa parole, au besoin devant le juge (article 388-1 c.civ) ne soit pas une parole de marionnette.

En faveur de l’égalité parentale, du respect du droit des enfants.

Samira MEZIANI

Avocat au Barreau de Paris

Tel: 0760781905  Email: sammeziani@yahoo.fr

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